

(Les lieux)
(La petite filature)
a experimente un lieu d' education populaire
Un lieu qui serait Notre coin de monde, comme disait Gaston Bachelard. Un lieu apprenant qui nous accueillerait tous les matins du monde et qui nous donnerait confiance en la vie
Ce lieu est un espace qui permet l'ancrage et les départs ; qui permet des espaces seul et collectifs ; qui permet de penser et d'agir ; qui permet de se rencontrer et de rencontrer les autres
C'est pour nous un abri, une oasis, une bulle de sécurité et de sérénité dans un monde chahuté. C'est aussi un espace de partage, d'échange, de liens. On s'y pose, on s'y repose, c'est un refuge irrigué par la vie, parfois noyé dans le silence, parfois secoué par les rires et les voix. Gaston Bachelard dans son ouvrage « La poétique de l'espace », met en lumière comment le lieu peut être un espace de réconfort face à l'agressivité du monde :« Ainsi, en face de l'hostilité, aux formes animales de la tempête et de l'ouragan, les valeurs de protection et de résistance de la maison sont transposées en valeurs humaines. La maison prend les énergies physiques et morales d'un corps humain. Elle bombe le dos sous l'averse, elle raidit les reins. Sous les rafales, elle plie quand il faut plier, sûre de se redresser à temps en niant toujours les défaites passagères. Une telle maison appelle l'homme à un héroïsme de cosmos. Elle est un instrument à affronter le cosmos. Les métaphysiques « de l'homme jeté dans le monde » pourraient méditer concrètement, sur la maison jetée à travers l'ouragan, bravant la colère du ciel. Envers et contre tout, la maison nous aide à dire : je serai un habitant du monde, malgré le monde »
La petite filature, en plus d'être une démarche qui accompagne le changement social et politique, a été un lieu qui accueillait nos formations, nos ateliers d'histoires de vie, les collectifs avec lesquels nous organisions une dynamique de complémentarité des luttes, des conférences gesticulées ou pas, des ciné-débats, des concerts solidaires, des ateliers d'autoformations philosophiques, etc...Nous espérons que notre engagement citoyen qui passait, entre autre par la mise à disposition de ce lieu à prix libre et conscient en prenant en charge la totalité des frais, contribuait à une belle énergie sur le territoire pour participer à une démarche de lutte contre les dominations


Ce lieu de 120 mètres carrés, coloré et agréable -entièrement rénové avec des ami.e.s et meublé avec des objets de seconde main- accueillait les acteurs de la désobéissance civile, les acteurs de la non-violence, des personnes qui luttent pour défendre des idées féministes, des citoyens et collectifs intersyndicaux qui avancent ensemble, des citoyens qui souhaitent transmettre leurs connaissances et capacités en philosophie, en yoga, en rédaction d'autobiographies
Nous ne considérions pas ce lieu sans la démarche de La petite filature, et pour reprendre les mots d'Hugues Bazin, nous pourrions affirmer que La petite filature est un "tiers espace" : "Le tiers espace offre une grille de lecture pour comprendre les mouvements émergents, c’est-à-dire des mouvements qui s’inscrivent entre une forme instituante et instituée, autodidacte et académique, libre et codifiée. Le « tiers » est cette part d’humanité qui fait exister l’espace. C’est une manière d’habiter le monde [...] Nous pourrions dire autrement que ces tiers espaces sont aujourd’hui les nouveaux espaces du commun où peut se croiser une diversité tout en constituant une communauté de destin. Pourtant cette notion de tiers espace n’est pas une nouveauté, l’intérêt est donc ici de comprendre comment une nouvelle génération se l’approprie et lui donne un sens contemporain. C’est ainsi que nous trouvons une base d’expérimentation fructueuse aussi bien pour la recherche que pour des formes alternatives de développement [...] Nous en déduisons qu'il faut soi-même être en implication de tiers espace. C’est ainsi que nous développons la démarche du « laboratoire social » s’appuyant sur l’implication en réseau d’acteurs-chercheurs. Parce ce qu’ils se situent justement dans ce tiers secteur de la connaissance entre recherche et action, ils sont le plus en mesure d’investir et de rendre compte de ces situations. Le laboratoire social légitime la posture de ces acteurs et ce qu’ils produisent comme nouveaux référentiels pour l’action et la recherche"











