(La  petite  filature

est  uNE  DEMARCHE  DE   VIE)

En plus d'avoir été l'expérimentation d'un lieu d'éducation populaire pendant deux années à Tours, La petite filature est un concept de démarche de vie globale qui comprend tant une activité professionnelle que des valeurs à défendre à travers des espaces de liberté construits et pensés pour participer au changement du monde. La petite filature me donne l'élan vital pour me lever chaque matin. J'ai construis seule La petite filature en janvier 2017, en menant des projets pendant deux années

 

Mathilde m'a rejoint pendant deux années au moment de l'ouverture du lieu d'éducation populaire. Je pense que notre amitié en plus d'être un cadeau pour la vie, est un puissant moteur de transformation sociale : notre action commune fut particulièrement efficace, concrète et enrichissante pendant notre coopération. Mathilde vit aujourd'hui de nouvelles aventures professionnelles et garde un lien de cœur avec La petite filature

 

Désormais, je continue de participer à cette petite métamorphose intime et sociale, grâce à une méthode de travail qui associe l'expérimentation et la démarche universitaire, à ma volonté d'avancer avec joie et de décider de vivre autrement, comme j'ai envie, comme je peux, avec les moyens dont je dispose. J'ai décidé de  porter quelques pierres à l'édifice, juste quelques cailloux...certains cailloux sont doux comme des galets, d'autres sont saillants voire tranchants ; il y a en des minuscules, d'autres plus conséquents ; mais tous ont leur importance pour participer à l'évolution de la société

De cette « démarche globale d'autoformation » est née l'idée suivante : comment mettre en place une démarche qui rendrait possible de conjuguer vie professionnelle, vie amoureuse, vie militante,  vie de famille, vie amicale, vie culturelle, vie de loisirs, vie universitaire. Et tout cela en tentant le plus possible de lutter contre les dominations raciales, sociales et patriarcales et de celles qui en découlent. Ma démarche s'inscrit dans l'histoire de l'éducation populaire dont j'utilise beaucoup les outils d'animation et d'accompagnement à la formation. Cette démarche est :

Emancipatrice

tant dans la visée que dans la pédagogie, l’émancipation est le travail sur soi, à partir de ses expériences et son histoire de vie, visant une meilleure connaissance de soi-même et de son environnement, en vue d’un épanouissement qui permette de mieux appréhender, comprendre puis changer le monde

Transformatrice

à partir d’une analyse sociologique, philosophique, historique et économique, c’est un travail collectif de compréhension du monde, de son milieu professionnel et de son cadre de vie, afin de rendre chaque personne à son statut d’acteur politique, transformateur de société

Conviviale 

être conviviale d’un point de vue sociologique, c’est la capacité d’une société à favoriser la tolérance et les échanges réciproques des personnes et des groupes qui la composent. La convivialité nous la souhaitons dans des relations sincères et authentiques que nous posons comme préambule de toute rencontre

La petite filature

Je suis Léna, salariée de la petite filature, j'ai fait une recherche universitaire en Sciences de  l'éducation et de la formation en m'interrogeant sur la démarche pédagogique à mettre en  place pour créer des espaces de formation qui soient des espaces d’émancipation

J'ai été dix années travailleuse sociale, de l’animation sociale à la direction d’association, j'ai travaillé dans le champ de l’éducation pour la santé et les comportements addictifs puis j'ai travaillé dans une fédération d’éducation populaire pendant cinq ans. Je suis passionnée de voyages que j'ai fait sac au dos, en tant que volontaire internationale, en chantiers internationaux, en humanitaire. Je suis formée à l’écoute active et je me sens aujourd’hui à la croisée des chemins entre le politique et la gentillesse. Je suis une femme à mi-chemin de la vie, à mi-parcours de maturité et pleinement satisfaite des expériences vécues. Je suis femme, amie, amoureuse, maman, belle maman, sœur, fille, collègue ; je suis sociologie, travailleuse sociale, ethnologie, sciences de l'éducation ; je suis voyageuse, danseuse, jardineuse, rêveuse, écriveuse ; je mets du lait au soja à la vanille dans mon thé noir sucré ; je suis femme du monde, citoyenne sans frontière, utopiste d'un futur étonnant ; mon jardin secret est immense et j'y invite de plus en plus souvent mes amies ; entre essais politiques et romans romantiques, ma vie est douce et puissante. J'avance à petits pas mais ne m'arrête que rarement ... si je m'arrête c'est pour contempler le monde

Ce lieu est le carrefour de plusieurs envies et activités différentes, chacune ayant la transformation sociale comme utopie, le changement social comme finalité et l'éducation populaire comme démarche politique des pratiques et de réflexion

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NOTRE FEUILLE DE ROUTE SELON NOS VALEURS

 

Nous mettons en place une passerelle symbolique et réelle entre l’éducation populaire et l’université. En effet, nous pensons qu’il est essentiel de penser la formation (de soi et des autres) et les espaces de mobilisation citoyenne entre la théorie, la pratique et le politique. Notre praxis prend en compte les affects, la notion du "prendre soin" tout en s'appuyant sur des démarches issues de l'anthropologie, la sociologie, les sciences de l'éducation et la philosophie.

 

Pour nous, la notion de transmission doit être horizontale. Nous avons tous à apprendre de tous ; nous avons tous à transmettre à tous

 

Nous souhaitons : 

- Permettre à chacun d'appréhender  les rapports sociaux et les relations sociales

-Favoriser des moments de rencontres entre différentes classes sociales, différentes cultures, différentes histoires de vie, différentes temporalités, différentes envies

-Créer des parcours adaptés à chaque personne accueillies et accompagnées

-Permettre aux personnes accueillies et accompagnées de bénéficier d’une démarche globale : politique, pratique et théorique

-Inscrire la démarche au niveau local, national et international

 

Cette démarche permet de passer du concept de l’éducation populaire à l’expérimentation expérientielle. En effet, cela  permet à chacun d’être dans une approche de transmission selon les moments et les activités. Cette possibilité de changer de statuts -de celui qui sait et celui qui ne sait pas- peut permettre d’abolir les rapports de dominations entre usagers/professionnels, stagiaires/formateurs, pour permettre à chacun de prendre la place qu’il estime être la sienne

 

C’est un  espace où nous pouvons éprouver notre puissance d’agir, c’est à dire devenir acteur de notre propre chemin : soit en la découvrant, soit en la révélant, soit en la pratiquant tant par des actes que par des réflexions. Nous pensons que la puissance d’agir passe par trois piliers emmêlés : la puissance du corps, la puissance des affects et la puissance de l’esprit. Ce qui nous semble être la première étape dans un processus d'émancipation

 

Et si c'était notre Maison du peuple ligérienne ?

 

Le lieu créé à Tours s’inspirait des Maisons du Peuple du début du 20ème siècle à Bruxelles. En effet, l’idée de ces maisons était de faire vivre un « lieu de rencontres pour la classe ouvrière belge [...] Les Maisons du Peuple sont le creuset de luttes contestataires et contribuent à l'obtention de réelles avancées sociales en matière de droits politiques et d'accès à l'éducation. Ce sont aussi des lieux de rencontres, de convivialité, des espaces de réflexion, de solidarité, de culture, d’émancipation (…) Les maisons du peuple sont apparues, en Belgique et dans le Nord de la France, dès 1872 » (www.maisondupeuple.be)


 

Et si cela se passait en Touraine au 21ème siècle ?

On en rêvait, les gilets jaunes l'ont fait !