top of page
monte ta conf 2.jpg

(accompagnement lieux et tiers lieux) 

Lieu - Aragon.jpg

Depuis sa création, la notion de lieu est au cœur du projet de La petite filature. Nous reprenons les mots de Gaston Bachelard pour évoquer notre démarche sensible.

 

La petite filature accompagne des communes à penser, rêver, rentrer en démarche projet pour réaliser le lieu qui les fait rêver, qu'il soit un 1/3 lieu ou un lieu associatif, un lieu informel ... 

« La cathédrale avait été successivement « l'œuf, le nid, la maison, la patrie, l'univers » écrivait Victor Hugo dans Notre Dame de Paris. Cette phrase raconte en peu de mots comment un lieu, peut être le début d'une aventure humaine, l'endroit où cette aventure se construit, où elle grandit, où elle se nourrit, où elle vit et se reproduit, où l’infiniment petit croise l’infiniment grand, où soi rencontre les autres, où le lieu fait système. Le lieu est la finalité et les moyens pour y arriver

 

Comment un lieu, tel un port qui favorise l'ancrage et les départs, l'immobilité et le voyage, le rêve et la réalité, 

l'intime et le politique, peut participer à une démarche émancipatrice collective ?

J'ai l'impression qu'en parlant des lieux, j'aborderai les contours d'un paradoxe qui est comment se confrontent ce qui se voit (les pièces et la décoration de la maison, par exemple) et ce qui ne se voit pas (l'atmosphère, l'ambiance par exemple) ? Comment ce qui se voit pourrait être mis en parallèle des « relations sociales » et ce qui ne se voit pas des « rapports sociaux » ? ; Comment s'entremêle l'intime et le politique ? Comment le lieu est à la fois un espace de solitude et l'espace où l'on reçoit qui pourrait s’apparenter à un espace de socialisation ? Comment la question de l'esthétisme est-elle abordée ? Est-ce que le fait de penser qu'un lieu est beau, cela nous aide à supporter la noirceur du monde ? Comment le lieu est à la fois l'espace que l'on quitte et l'espace dans lequel nous revenons ?

La thématique de la « maison » n'est pas seulement pour moi vue dans une approche urbanistique, géographique ou d'autres disciplines qui étudieraient la maison comme « objet d'étude ». J'imagine que le fait d'avoir quatre murs et un toit permet -presque- toutes les utopies possibles et cela procure assez de sécurité pour se ressourcer puis repartir plus puissant. Gaston Bachelard explique parfaitement cette idée « Il ne suffit pas de considérer la maison comme un « objet » sur lequel nous pourrions faire réagir des jugements et des rêveries. Pour un phénoménologue, pour un psychanalyste, pour un psychologue (ces trois points de vue étant rangés par ordre de prégnance décroissante), il ne s'agit pas de décrire des maisons, d'en détailler les aspects pittoresques et d'en analyser les raisons de confort. Il faut, tout au contraire, dépasser les problèmes de la description […] Il faut donc dire comment, nous habitons notre espace vital en accord avec toutes les dialectiques de la vie, comment nous nous enracinons, jour par jour, dans un « coin du monde ». Car la maison est notre coin du monde »

Je me suis demandée comment un lieu peut être à la fois si petit et rassurant tel un cocon et si vaste que le monde ? Comment un lieu peut répondre à un besoin de solitude et un besoin de rencontres à la fois ? Pourquoi avons-nous besoin d'un lieu pour démarrer un projet, une envie de faire ensemble ? Comment, par le fait de se sentir rassurer, loin du chaos du monde, permet de construire sa propre puissance d'agir ? Comment un lieu peut participer à notre émancipation ? Peut-on imaginer un lieu qui serait un espace de changement tout en étant un espace immobile ? Ou autrement dit, comment le fait d'avoir un port d'attache nous permet de s'envoler ? Comment quatre murs et un toit sont des éléments tellement basiques et très souvent nécessaires pour vivre des rêves ?

Un lieu c'est avant tout quatre murs et un toit. C'est un endroit de vie. C'est un endroit avec des personnes souvent concernées, dans lequel on peut se retrouver seul aussi. La définition basique du Petit Larousse est : « Un lieu désigne un endroit, un emplacement. Il s'agit d'un espace déterminé géographiquement en fonction de sa nature ou de ce qui s'y trouve. S'il est particulier, un lieu est désigné par son nom afin de s'y référer plus facilement. Situation spatiale de quelque chose, de quelqu'un permettant de le localiser, de déterminer une direction, une trajectoire ; Endroit, localité, édifice, local, etc., considérés du point de vue de leur affectation ou de ce qui s'y passe »

 

Nous pourrions dire que l'ADN d'un 1/3 lieu, serait un triptyque tel que :

 

• Une communauté : qui a voulu créer un 1/3 lieu ? Qui l’a porté ? Quelle gouvernance ? Quels objectifs et intérêts individuels et collectifs ? Quelles compétences et ressources existantes partageables ?

 

• Un territoire : où se trouve-t-il ? Qui sont les acteurs concernés et touchés ? Quelle est la complémentarité recherchée et apportée avec l’existant ?

 

• Un processus : les éléments déclencheurs ? Les difficultés rencontrées ? Les réussites collectives ? Les services et les produits assurant la base du modèle économique ? »

 

La question des 1/3 lieux qui tire son origine des lieux entre le domicile et le travail -et qui ne soient pas un café, ni un espace commercial ni religieux – nous permet de nous pencher sur la question des lieux. C'est un terme traduit de l'anglais « The third place », inventé par Ray Oldenburg, professeur de sociologie urbaine en 1989. En plus d'être un espace entre le travail et le domicile, il ajoute que c'est un espace dans lequel, en toute liberté, on peut participer à la vie publique et accéder à l'expression d'une démocratie locale. L'exemple pris dans son ouvrage, étaient les bistrots français … Un 1/3 lieu n'a pas une vocation politique mais il est souvent un espace public qui fait commun

 

De passer par l’imagination et la poésie dans cette envie d'ouvrir un 1/3 lieu est audacieux, tant dans ce qu’elle permet de prendre de la hauteur et de la beauté en toute chose, tant au niveau du contenu dans le fait de nous dire que rêver ce lieu avant de le bâtir est essentiel pour y être bien. Gaston Bachelard nous invite à penser comme cela « L'expérience spatiale est avant tout médiatisée par l’imagination, dont l’activité précède non seulement la connaissance, mais aussi la perception : on rêve avant de contempler. Avant d’être un spectacle conscient, tout paysage est une expérience onirique »

© 2018 la petite filature site créé avec Wix.com

bottom of page